"Ma terre et les miens"  

 

 

  

 

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Si Saint Georges m'était conté....

Les commentaires sont extraits de  l'œuvre d' André Chabroud qui a écrit pour ses enfants et petits enfants une description de son village. Les cartes postales sont extraites de la collection d'André Clopin.  

Autrefois ... 

"Il faut que vous sachiez que vos arrières grands parents, paysans, ont conquis de haute lutte leur droit quotidien à la vie... Il faut que vous appreniez que nos anciens ont vécu en assumant pleinement la responsabilité de leur vie, de leur avenir et de celui de leurs enfants... ils appliquaient en permanence un code rigoureux de solidarité et d'entraide mutuelle."

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Église et château 1957

"Saint Georges d'Espéranche resta, jusqu'au début des années 30, un gros bourg essentiellement agricole, et toute la population complémentaire d'artisans et de commerçants vivait le plus souvent des produits de l'agriculture."

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"la rue du commerce"

"Les corporations des "outilleurs" de l'agriculture étaient bien représentées. Le village chantait et résonnait de l'activité de deux forgerons, trois charrons, deux tonneliers, un bourrelier accompagnés par trois menuisiers, quatre ou cinq maçons et trois plombiers zingueurs.

Quelques industries de transformation complétaient ce bourdonnant artisanat. La fromagerie s'abreuvait aux sources laitières des pâturages et la scierie s'alimentait avec les essences de la région.

La vitalité du commerce était remarquable. On ne comptait pas moins de six à huit épiceries, deux boucheries, deux à trois charcuteries"

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La rue Péroud et la place de "l'hôtel du Nord"

"Entre 1920 et 1930 s'implanta l'usine Varenne. elle employa au tissage de la soie plus d'une centaine d'ouvrières, ce qui modifia la condition sociale d'une partie importante de la population."

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L'usine Varenne

" La mécanisation de l'agriculture contribua également à cette mutation."

" Pendant cette période le village changea peu."

" Les anciens se souviennent des "charrières" ("ruelles") caillouteuses, bordées, le long des trottoirs et des murs , par des rigoles pavées de galets ronds où circulait, croupissait, une eau malsaine. Chars et charrettes de bois, de foin, de gerbes, roulaient dans le hoquet de leurs moyeux d'orme, le grincement de leurs immenses roues cerclées de fer et le couinement d'une "chambrière" indifférente" .

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rue de l'église en 1907

" Pendant la belle saison, les bêtes s'abreuvaient matin et soir au Terreau, en rentrant du pâturage. Les lavandières disputaient aux troupeaux quelques mètres carrés d'eau claire... leurs bavardages, autant que le tempo des battoirs faisaient fuir les canards et les grenouilles. Les laveuses savaient, d'un geste bref, déployer leur linge sur l'eau, le secouer en zigzaguant, et le ramener ruisselant sur leur pupitre pour le tordre de leurs mains boursouflées et détrempées. Se déclenchaient alors le "tacato" forcené des battoirs, les "batillons", rageusement manœuvrés dont les claquements réveillaient l'écho narquois des berges de l'étang"

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L'étang du Terreau en 1925

 

" Moins de 10 puits très profonds, à treuil ou à pompe à godets, souvent éloignés des fermes et des habitations, étaient éparpillés dans tout le village. Ils avaient par quartier leurs habitués, leurs clients, tenus de se cotiser pour financer le remplacement de la corde du treuil. "

vieux puit, rue Sunière, avant 1925

" Après le repas du soir, les Saint Georgeois organisaient leurs moments de détente. "

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la Grande rue devenue rue Marchande

" Descendre " l'ancienne Grande rue, baptisée maintenant rue Marchande, rencontrer assis sur le pas de leur porte, sur les marches des escaliers, sur les sièges de fortune... les commerçants devant leur boutique, les artisans devant leur atelier ou leur échoppe... d'une porte à l'autre, les groupes familiaux s'agglomèrent en clubs bavards, sérieux ou rigolards auxquels s'agglutinent passants et promeneurs "

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la Grande rue et la halle  1908

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le marché 1907  1910

La ballade des Saint Georgeois

"La ballade... des  gens heureux" 
sur l'air de "Viens poupoule... viens"

Chaque soir et chaque matin
Voit partir plein d'entrain,
Le garde champêtre du pays
Sa canne et son képi
Mais à St Georges y a pas de voleur
C'est ce qui fait son malheur
Ca ne fait rien, com' c'est le métier
Il les cherche sans pitié
Hérissé, l' oeil froncé
Sans jamais se lasser


Un petit tableau bien épatant
L'hiver comme le printemps,
C'est d' regarder le p' tit tacot
Grimper sur nos coteaux.
Le chef de gare qu'est chez Bardin
Ne s'en fait pas un brin,
Pendant qu' dans nos lacets fameux
Son train se mord la queue.
Mais brusquement, haletant
Sur la ville on l'attend.

refrain

Vé plan Guste, vé plan Guste, vé
Pas besoin de te pressa
T'as lo temps d'arriva...ah!
Vé plan Guste, vé plan Guste, vé
No pon drumi sans pou,
T'esse tyi pe ron coup!

refrain

Tchi, tchi, tchi, tchi, tchi, tchi
Aujourd'hui ça été dur,
Il y avait deux voitur's, ah!
Tchi, tchi, tchi, tchi, tchi, tchi, On est enfin monté,
Car tout le monde a poussé

Y'a sur la place un cafetier
Qui vient d'se mettre rentier.
C'est ce qui prouve que les St-Georgeois
Buvaient beaucoup ma foi.
Aussi qu'il y avait du bon vin,
Et qu'c'était un malin.
Car sur son seuil,
L'air bienveillant,
Il n' ratait pas le client.
Et piti, U' ti a parti
Vin don dica tyi.

A travers bois, à travers champs
Fendant la bis' et l' vent,
Sur sa moto pétaradant,
Not' docteur pass' souvent.
Il va le jour, il va la nuit,
Dès qu'on a besoin d' lui.
Et rien qu'à voir son teint fleuri
Le malade est presque guéri.
Enfin c'est lui,
Qui dans la vie,
Fait l'entrée et la sortie.

refrain

Vin Petrusse, vin Mariusse, vin
Avé c'ti soloé,
E fé bon bêre d'ancoê. Eh!
Vin Camille, vin mon Mile, vin,
Ran qu'on piti canon,
De n'é reçu de bon!

refrain

Va, docteur, va docteur, va,
On a besoin de toi,
Pour faire un Saint Georgeois, Ah!
Va docteur, va docteur, va!
Madame, mes compliments,
Voyez moi c' bel enfant.

Joseph Cellard

" Le tacot "

" Le train fut pendant longtemps une attraction locale qui fit accourir chaque jour à la gare une foule d'habitués, friands du spectacle très convivial et toujours renouvelé de son passage "

" Son entrée en scène chuintante et sifflante datait du début du siècle. En fait, il s'agissait d'un tramway, nommé "tram" ou " tacot" qui reliait, à quinze à l'heure de moyenne, Lyon à Saint Marcellin"

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La gare de Saint Georges en 1910 - 1911

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Les lacets vers Lafayette

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